top of page

Pourquoi traduire son roman en anglais ?

  • Photo du rédacteur: emievarentz
    emievarentz
  • il y a 6 heures
  • 5 min de lecture

Lorsque j'ai annoncé que je travaillais sur la traduction anglaise de Retrouve-moi à Neverland, plusieurs personnes m'ont posé la même question :


Pourquoi traduire son roman en anglais ?


Est-ce vraiment utile ?

Est-ce que cela permet de toucher davantage de lecteurs ?

Est-ce que l'investissement en temps et en énergie en vaut la peine ?


Aujourd'hui, j'avais envie de partager mon expérience. Je ne prétends pas détenir une vérité universelle :


chaque auteur a ses objectifs et son parcours. En revanche, si vous envisagez un jour de traduire votre propre roman, peut-être que mon retour d'expérience vous aidera à mieux mesurer ce que représente un tel projet.


Car traduire un livre, ce n'est pas simplement changer les mots d'une langue à une autre. C'est presque écrire le roman une seconde fois.


Pourquoi traduire son roman en anglais ?

Mon retour d'expérience d'autrice



Pourquoi ai-je choisi de traduire mon roman ?


Lorsque j'ai commencé à écrire Retrouve-moi à Neverland, mon objectif était de faire découvrir la vie de James Matthew Barrie aux lecteurs francophones.


Mais Barrie était écossais. Il écrivait en anglais, et ses œuvres appartiennent aujourd'hui au patrimoine littéraire du monde anglophone. Au fil de l'écriture, une évidence s'est imposée : pourquoi raconter son histoire uniquement en français ?


Traduire ce roman, c'était aussi lui permettre de retrouver, d'une certaine manière, sa langue d'origine.

Au-delà de cette dimension symbolique, une traduction représente également une formidable ouverture vers de nouveaux lecteurs.


En tant qu'auteurs indépendants, nous consacrons énormément de temps à faire connaître nos livres. Or, une traduction permet d'élargir naturellement ce cercle en rendant notre histoire accessible à des personnes qui n'auraient jamais pu la lire autrement.


Le marché anglophone est immense. Bien sûr, cela ne garantit absolument pas le succès. Traduire un roman ne signifie pas qu'il trouvera automatiquement son public. Mais cela lui donne une chance d'exister auprès de lecteurs qui, autrement, n'auraient jamais croisé son chemin.


Et je trouve cette idée particulièrement enthousiasmante.


Traduire un roman, ce n'est pas seulement remplacer les mots


Avant de commencer cette traduction, je pensais assez naïvement qu'il suffisait de réécrire le même texte dans une autre langue.


J'ai rapidement découvert que c'était bien plus complexe.


Une traduction littéraire ne consiste pas uniquement à traduire des phrases. Elle doit aussi transmettre un rythme, une voix, une émotion, des sous-entendus, de l'humour ou encore des références culturelles.

À chaque chapitre, je me pose la même question :


Le lecteur anglophone ressentira-t-il la même chose que le lecteur français ?


Et cette question change tout.


Il arrive que la traduction la plus fidèle paraisse artificielle. À l'inverse, une formulation plus naturelle s'éloigne parfois du texte d'origine.


Il faut constamment trouver un équilibre entre fidélité et fluidité. C'est un véritable travail d'équilibriste.


L'intelligence artificielle : un excellent assistant, mais pas un traducteur littéraire


Nous avons aujourd'hui accès à des outils de traduction extrêmement performants. Les traducteurs automatiques et les intelligences artificielles progressent à une vitesse impressionnante.


Je les utilise moi-même.


Ils représentent une aide précieuse pour accélérer certaines étapes du travail ou vérifier une formulation.

Mais ils restent des outils.


Ils comprennent généralement très bien les mots. En revanche, ils peinent encore à saisir les intentions, les émotions ou les non-dits qui donnent toute sa profondeur à un texte littéraire.


Ils peuvent produire une phrase parfaitement correcte sur le plan grammatical... sans qu'un lecteur anglophone ait réellement l'impression qu'elle a été écrite naturellement dans sa langue.


Or c'est précisément ce qui fait toute la différence.


Une traduction littéraire ne consiste pas seulement à être comprise. Elle doit donner l'impression d'avoir été écrite directement dans la langue du lecteur.


C'est pourquoi, malgré les progrès considérables de l'intelligence artificielle, l'intervention humaine reste indispensable.


Tu es déjà écrivain, même si tu n’as jamais été publié

Pourquoi ai-je choisi de réaliser moi-même la première traduction ?


Dans mon cas, j'ai fait le choix de traduire moi-même la première version du roman.


La première raison est toute simple : je possède un niveau d'anglais qui me permet de réaliser ce travail.

La seconde est plus pragmatique.


Faire traduire un roman de plusieurs centaines de pages par un traducteur professionnel représente un investissement financier conséquent, souvent difficile à assumer lorsqu'on est auteur indépendant.


En revanche, cela ne signifie absolument pas que cette première version sera publiée telle quelle.

Bien au contraire.


Je relis régulièrement certains passages, je compare les deux versions, je vérifie que les émotions sont toujours présentes, que les personnages conservent leur propre voix et qu'aucune nuance importante ne s'est perdue en chemin.


Et surtout, je souhaite que cette traduction soit relue par une personne maîtrisant parfaitement l'anglais.

Parce qu'on finit toujours par devenir aveugle à son propre texte.


Déjà dans sa langue maternelle. Alors dans une langue étrangère... encore davantage.


Tout ce qu'on oublie lorsqu'on parle de traduction


Lorsqu'on évoque la traduction d'un roman, on pense immédiatement au texte. Pourtant, ce n'est qu'une partie du travail.


La couverture doit souvent être adaptée. Un titre anglais n'occupe pas forcément le même espace qu'un titre français. Certains mots sont plus longs, d'autres beaucoup plus courts, ce qui modifie l'équilibre graphique de l'ensemble.


La mise en page demande également quelques ajustements. Chaque langue possède ses habitudes typographiques et ses propres conventions éditoriales. Les espacements, la ponctuation ou encore certains choix de présentation peuvent nécessiter des modifications.


Enfin, une traduction constitue une nouvelle édition du livre.


Elle doit donc disposer de son propre ISBN, même si l'histoire racontée reste exactement la même. Tous ces éléments représentent un travail supplémentaire auquel on ne pense pas toujours lorsqu'on décide de traduire son roman.


Est-ce que je recommande de traduire son livre ?


Je pense que la réponse dépend avant tout de votre projet d'auteur. Si votre objectif est de vous adresser exclusivement à un lectorat francophone, traduire votre roman n'est probablement pas une priorité.


En revanche, si votre univers possède une portée internationale, si votre intrigue se déroule dans un autre pays, si votre histoire peut toucher des lecteurs issus d'autres cultures ou si vous ressentez simplement l'envie de lui offrir une seconde vie, alors cette aventure mérite sans doute d'être envisagée.


À condition de partir avec des attentes réalistes. Une traduction ne multiplie pas miraculeusement les ventes.

Elle ne remplace ni la communication ni le travail de visibilité. Elle ouvre simplement une nouvelle porte.


Et parfois, une seule porte ouverte suffit pour permettre à une histoire de voyager bien plus loin qu'on ne l'avait imaginé.


Tu es déjà écrivain, même si tu n’as jamais été publié

Une aventure que je ne regrette pas


Aujourd'hui, je suis encore en plein cœur de ce projet. J'apprends énormément. Je découvre des difficultés auxquelles je ne m'attendais pas, mais aussi tout ce que cette expérience m'apporte en tant qu'autrice.


Je ne regrette absolument pas d'avoir entrepris cette traduction. Au contraire.


J'ai le sentiment d'offrir une nouvelle vie à Retrouve-moi à Neverland.


Et dans le cas de ce roman consacré à James Matthew Barrie, il y a quelque chose de profondément symbolique à voir son histoire revenir dans sa langue maternelle.


Si tout se déroule comme prévu, j'espère publier cette version anglaise le 27 décembre, en hommage à la première représentation londonienne de Peter Pan, le 27 décembre 1904.


Une belle manière, je trouve, de boucler la boucle.


Et vous ?


Avez-vous déjà envisagé de traduire votre roman dans une autre langue ?

Ou est-ce un projet qui vous semble encore un peu intimidant ?


N'hésitez pas à partager votre expérience ou vos questions en commentaire. Je serai ravie d'échanger avec vous.

 
 
 

Commentaires


bottom of page